iVérifié le 20 juillet 2026 · régimes social et fiscal vérifiés à la source

Micro-entreprise ou EURL/SASU : comment choisir en 2026

Aucun statut n’est « meilleur » dans l’absolu. Trois facteurs font la différence : ton chiffre d’affaires réel, tes charges à déduire, et le niveau de protection sociale que tu veux. Ce guide t’aide à situer ton cas, sans remplacer un expert-comptable le jour où tu passes à l’acte.

Un point que beaucoup zappent : depuis mai 2022, ton patrimoine personnel est automatiquement protégé des créanciers professionnels en micro-entreprise, sans démarche à faire. Cette protection ne joue pas face au fisc et à l’URSSAF en cas de manquement grave ou répété. « La société protège mon patrimoine, pas la micro » n’est donc plus LE bon argument pour basculer, contrairement à ce qu’on lit encore souvent.

1.Les 3 statuts en un coup d’œil

Micro-entrepriseEURLSASU
Responsabilité Patrimoine perso protégé des créanciers pro depuis 2022
sauf fisc/URSSAF en cas de manquement grave
Limitée aux apports Limitée aux apports
Régime social du dirigeant Aucun statut de dirigeant
cotisations sur le CA encaissé
Gérant TNS
affilié SSI
Président assimilé salarié
affilié au régime général
Cotisations sociales 12,3 à 25,8 % du CA
selon l’activité, taux 2026
≈ 41 à 45 % de la rémunération nette ≈ 75 à 80 % de la rémunération nette
hors assurance chômage
Fiscalité par défaut Impôt sur le revenu
abattement forfaitaire ou versement libératoire
IR (option IS possible)
IS obligatoire si associé = société
IS
option IR possible 5 ans sous conditions
Dividendes Non applicable Part au-delà de 10 % du capital soumise aux cotisations TNS Hors cotisations sociales, soumis au PFU (31,4 % en 2026)
Plafond de chiffre d’affaires 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services) Aucun Aucun
Comptabilité Livre des recettes, aucun bilan Complète, bilan et liasse fiscale Complète, bilan et liasse fiscale
Coût de création Gratuit ≈ 200 € de frais incompressibles ≈ 195 € de frais incompressibles
Chiffres vérifiés le 20 juillet 2026. Cotisations EURL/SASU : ordres de grandeur convergents (source professionnelle, pas un taux réglementaire unique comme en micro) : utilise le simulateur URSSAF pour ton cas précis, ou un expert-comptable pour un calcul exact. Frais de création : hors capital social et hors accompagnement (avocat, legaltech).

2.Rester en micro-entreprise : pour qui, pourquoi

La micro reste imbattable sur un critère : la simplicité. Zéro comptabilité complexe, des cotisations calculées uniquement sur ce que tu encaisses réellement (zéro CA, zéro charge), et une création gratuite en quelques jours (voir notre guide de création).

Elle reste le bon choix si tu as peu de charges professionnelles à déduire (l’abattement forfaitaire micro suffit ou dépasse tes frais réels), si ton chiffre d’affaires reste sous les plafonds 2026 (203 100 € ou 83 600 € selon ton activité), et si tu n’as pas besoin de t’associer ou de lever des fonds.

3.Passer en EURL : pour qui, pourquoi

L’EURL garde un fonctionnement proche de la micro (un seul associé, décisions simples) tout en levant le plafond de chiffre d’affaires et en permettant de déduire tes charges réelles plutôt qu’un abattement forfaitaire. Le gérant associé unique reste TNS, affilié à la Sécurité sociale des indépendants, avec des cotisations sociales plus basses qu’en SASU (environ 41 à 45 % de la rémunération nette) mais une protection sociale plus limitée (retraite et indemnités journalières moins généreuses qu’au régime général).

Par défaut, l’EURL d’un associé unique personne physique est imposée à l’impôt sur le revenu (le bénéfice s’ajoute à tes revenus personnels). L’option pour l’impôt sur les sociétés reste possible à tout moment, à notifier avant la fin du 3ᵉ mois de l’exercice concerné, et reste renonçable jusqu’à la 5ᵉ année suivant l’option.

Un point technique à connaître : en EURL, si tu te distribues des dividendes au-delà de 10 % du capital social (+ primes d’émission + compte courant d’associé), la part excédentaire est requalifiée et soumise aux cotisations TNS. Contrairement à la SASU, tu ne peux donc pas optimiser librement entre rémunération et dividendes.

4.Passer en SASU : pour qui, pourquoi

La SASU convainc surtout par la protection sociale de son président, assimilé salarié et affilié au régime général (hors assurance chômage, en tant que mandataire social). En contrepartie, les cotisations sur ta rémunération sont nettement plus élevées qu’en EURL, environ 75 à 80 % de la rémunération nette versée.

Elle est imposée par défaut à l’impôt sur les sociétés, avec une option pour l’impôt sur le revenu possible pendant 5 exercices maximum, sous conditions cumulatives : société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, chiffre d’affaires ou total de bilan sous 10 millions d’euros, associé unique personne physique, société non cotée.

Changement 2026 à connaître : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU, la « flat tax » qui s’applique à tes dividendes) est passé de 30 % à 31,4 % au 1ᵉʳ janvier 2026 (hausse de 1,4 point des prélèvements sociaux, de 17,2 % à 18,6 %). Un dirigeant qui arbitre entre rémunération et dividendes doit recalculer avec ce nouveau taux, beaucoup de simulateurs en ligne affichent encore l’ancien 30 %.

5.EURL ou SASU : comment trancher entre les deux

Si tu hésites entre les deux (le choix ne se pose pas si tu restes en micro), la question centrale est : rémunération ou dividendes ? Si tu comptes te verser l’essentiel en salaire, l’EURL coûte moins cher en cotisations. Si tu comptes verser une part significative en dividendes tout en gardant une bonne protection sociale sur une rémunération réduite, la SASU devient intéressante malgré des cotisations plus élevées sur la partie salaire, précisément parce que ses dividendes échappent aux cotisations sociales (contrairement à l’EURL au-delà du seuil de 10 %).

Deuxième critère : l’envie de t’associer un jour. La SAS (dont la SASU est la version à associé unique) s’ouvre plus simplement à de nouveaux associés ou investisseurs que la SARL/EURL, dont le formalisme est plus lourd.

6.Les signaux concrets qu’il est temps de basculer

  • Tu approches ou dépasses tes plafonds micro deux années de suite (voir notre guide des plafonds et seuils) : la sortie du régime micro devient automatique de toute façon, autant l’anticiper plutôt que la subir
  • Tes charges professionnelles réelles dépassent l’abattement forfaitaire micro (34 % pour les BNC, 50 % pour les BIC services, 71 % pour la vente) : tu payes des impôts sur un bénéfice fictif plus élevé que ton bénéfice réel
  • Tu factures des entreprises qui exigent un interlocuteur en société, certains grands comptes ou marchés publics excluent de fait les micro-entrepreneurs
  • Tu veux t’associer, ouvrir ton capital ou préparer une revente : la micro-entreprise ne le permet structurellement pas

Les experts-comptables citent souvent un repère indicatif autour de 35 000 à 40 000 € de bénéfice net annuel régulier comme seuil à partir duquel la question mérite un vrai calcul chiffré. C’est un ordre de grandeur de la profession, pas un seuil réglementaire : ta situation personnelle (charges, projets, associés) compte au moins autant.

7.Comment basculer, dans les grandes lignes

Créer une EURL ou une SASU passe par le même guichet unique que la micro-entreprise (procedures.inpi.fr), mais le dossier est plus lourd : rédaction des statuts, dépôt du capital social sur un compte bloqué, publication d’une annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs. Compte plusieurs jours à quelques semaines selon la complexité, et prévois un accompagnement (expert-comptable ou avocat) pour la rédaction des statuts, la partie la plus technique.

Bascule ou création : dans les deux cas, ouvre ton compte bancaire professionnel pour la nouvelle structure avant ta première facture, le compte de la micro-entreprise ne peut pas être réutilisé tel quel.

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8.Les questions qu’on nous pose

Je peux transformer ma micro-entreprise en EURL ou SASU sans tout recommencer ?+
Pas exactement : juridiquement, tu crées une nouvelle société et tu cesses ta micro-entreprise (ou tu y apportes ton activité). Ce n’est pas une simple formalité de transformation comme entre EURL et SASU, mais deux démarches distinctes. Un expert-comptable t’aide à enchaîner les deux proprement, notamment sur le sort des contrats et factures en cours.
La société coûte-t-elle forcément plus cher que la micro chaque mois ?+
Oui, structurellement : comptabilité complète (souvent déléguée à un expert-comptable, coût récurrent), et des cotisations sociales généralement supérieures en valeur absolue si ta rémunération dépasse ce que tu déclarais en micro. La société ne devient avantageuse que si les charges déductibles ou l’optimisation rémunération/dividendes compensent ce surcoût.
EURL et SARL, EURL et SASU, quelle différence exactement ?+
L’EURL est une SARL à associé unique : mêmes règles, un seul associé. La SASU est une SAS à associé unique. La vraie différence structurante est donc EURL (régime TNS) vs SASU (régime assimilé salarié), pas leur variante « à plusieurs associés ».
Puis-je repasser en micro-entreprise après avoir créé une société ?+
Non, une société ne peut pas « redevenir » une micro-entreprise : il faudrait la dissoudre (démarche formelle, coûteuse) et recréer une micro-entreprise à côté. C’est une raison de plus de bien vérifier ton cas avant de basculer, plutôt qu’après.
Comment cette page est-elle financée ?+
Cette page est un guide de référence, elle ne contient aucun lien sponsorisé propre. Nos comparatifs liés (compte pro notamment) contiennent des liens partenaires : si tu t’abonnes en passant par eux, on touche une commission, sans surcoût pour toi. Détail dans notre politique d’affiliation.

9.À lire ensuite

Sources & méthodologie · page publiée le 16 juillet 2026, re-vérifiée à la source le 20 juillet 2026 :
Information générale : ce guide décrit les régimes en vigueur au 20 juillet 2026, il ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou comptable personnalisé, particulièrement recommandé avant tout changement de statut. Comment on gagne notre vie →