iVérifié le 20 juillet 2026 · procédure, seuils et taux vérifiés à la source

Créer sa micro-entreprise en 2026 : le guide complet, étape par étape

De l’idée au premier SIRET : les 9 étapes réelles pour créer ta micro-entreprise en 2026, sans jargon et sans rien oublier en route. Ce guide s’adresse à toi si tu veux te lancer en solo, quel que soit ton métier.

Ce qu’il te faut avant de commencer
  • Une pièce d’identité en cours de validité
  • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois
  • Une adresse email valide (le guichet unique t’en demande une)
  • Une description précise de ton activité
  • Si ton métier l’exige : un justificatif de qualification ou un diplôme
  • Environ 15 à 20 minutes devant toi, sans interruption

1.Vérifier ton éligibilité au régime micro

Le régime micro-entrepreneur est ouvert à la quasi-totalité des activités commerciales, artisanales et libérales, à condition de rester sous les plafonds de chiffre d’affaires (on y revient à l’étape 9). Deux familles d’activités en sont exclues.

Les activités agricoles rattachées à la MSA

Éleveurs, maraîchers, pisciculteurs, travaux forestiers, hébergement à la ferme : ces activités relèvent de la Mutualité sociale agricole, pas du régime micro. L’exclusion s’étend au prolongement direct de la production (vente de miel pour l’apiculteur, de confitures pour le maraîcher).

Les professions relevant d’une autre caisse que la CIPAV ou la SSI

Professions juridiques et judiciaires (avocat, notaire, commissaire de justice, administrateur judiciaire), professions de santé réglementées (médecin, infirmier, vétérinaire, dentiste, pharmacien, sage-femme), expert-comptable, commissaire aux comptes, agent général d’assurances : ces métiers passent par une société ou un ordre professionnel dédié, pas par la micro-entreprise.

Bon à savoir : tu peux cumuler ta micro-entreprise avec un emploi salarié, tes études ou ta retraite. Si tu es demandeur d’emploi, le cumul avec l’ARE est possible sous conditions : renseigne-toi auprès de France Travail avant de déclarer ton début d’activité.

2.Choisir ton activité et anticiper ton code APE

Décris ton activité le plus précisément possible dans le formulaire du guichet unique : c’est cette description, et non le nom que tu donnes à ton entreprise, qui détermine ta catégorie fiscale (vente de marchandises, prestations de services BIC, ou activité libérale BNC) et donc ton taux de cotisation et ton plafond de chiffre d’affaires. L’INSEE t’attribue ensuite un code APE à titre indicatif : il n’a pas de valeur juridique et ne t’enferme dans rien, mais une description trop vague retarde parfois l’instruction du dossier.

Cas fréquent : si ton activité mélange vente ET prestation (un graphiste qui vend des produits dérivés en plus de ses prestations, par exemple), tu peux avoir une activité mixte avec deux plafonds distincts. Signale les deux dès la déclaration.

3.Réunir tes pièces justificatives

Prépare ces documents au format PDF ou image lisible avant de commencer la déclaration en ligne, tu évites ainsi les allers-retours :

  • Pièce d’identité en cours de validité (CNI, passeport)
  • Justificatif de domicile de moins de 3 mois
  • Déclaration sur l’honneur de non-condamnation, à cocher en ligne, aucun document à part
  • Selon ton activité : justificatif de qualification professionnelle, diplôme ou autorisation préalable (bâtiment, coiffure à domicile, activités réglementées)

4.Faire ta déclaration sur le guichet unique

Depuis 2023, une seule plateforme officielle centralise toutes les formalités de création d’entreprise en France : le guichet unique des formalités d’entreprises, opéré par l’INPI (procedures.inpi.fr, aussi accessible depuis formalites.entreprises.gouv.fr). La déclaration se fait en 5 étapes en ligne : créer un compte, choisir « entrepreneur individuel » puis cocher l’option micro-entrepreneur, renseigner ton identité et ton activité, déposer tes pièces justificatives, valider. La démarche est entièrement gratuite pour un micro-entrepreneur (seuls les agents commerciaux paient des frais d’immatriculation au RSAC).

Le rejet de dossier le plus fréquent vient d’une pièce illisible ou d’une description d’activité trop vague. Relis chaque champ avant de valider : une correction après coup rallonge le délai de plusieurs semaines.

5.Recevoir ton SIRET et démarrer

Une fois ton dossier validé, compte en général 1 à 2 semaines pour un dossier standard, et jusqu’à 4 semaines si ton activité est réglementée ou si le guichet est chargé. Tu reçois d’abord un email de confirmation, puis ton certificat d’inscription avec ton numéro SIRET. Tu peux légalement commencer à facturer dès la date de début d’activité que tu as choisie à la déclaration : pas besoin d’attendre la réception du SIRET par courrier, seulement sa confirmation.

6.Ouvrir ton compte bancaire dédié

Contrairement à une idée reçue, un compte bancaire « professionnel » n’est pas obligatoire dès le premier euro. La loi PACTE (22 mai 2019) impose un compte dédié à l’activité seulement si ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Un simple compte courant suffit, à condition qu’il ne mélange pas tes dépenses perso, et qu’il porte la mention « entrepreneur individuel » ou « EI » depuis la réforme du statut de 2022.

Exception : si ton activité est commerciale (vente, e-commerce, restauration), un compte séparé est imposé dès le début, même sous 10 000 €. En dessous du seuil, l’ouvrir quand même reste conseillé : ça simplifie ta compta et évite toute contestation en cas de contrôle URSSAF. Voir notre comparatif des comptes pro pour indépendants →

7.Choisir ton régime fiscal

Par défaut, tes revenus sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu après abattement forfaitaire (régime micro-fiscal classique). Tu peux opter pour le versement fiscal libératoire : tu payes alors ton impôt en même temps que tes cotisations URSSAF, à un taux fixe appliqué sur ton chiffre d’affaires : 1 % pour la vente ou l’hébergement, 1,7 % pour les prestations de services (BIC), 2,2 % pour les activités libérales (BNC).

Cette option n’est ouverte que si le revenu fiscal de référence de ton foyer (année N-2) ne dépasse pas 29 315 € par part, majoré de 50 % par demi-part supplémentaire. Elle se demande auprès de l’URSSAF, dans les 3 mois suivant la création pour un effet immédiat, ou avant le 30 septembre pour une application l’année suivante.

Le réflexe à avoir : le versement libératoire est intéressant si ton foyer est peu ou pas imposable, tu payes alors moins que le barème classique. Si tu es dans une tranche marginale élevée, le régime classique reste souvent plus avantageux. Fais le calcul avant de cocher la case : l’option engage pour l’année entière. Notre simulateur URSSAF t’aide à estimer tes cotisations →

8.Assurance et ACRE : ce qui a changé en 2026

Selon ton métier, une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est obligatoire (bâtiment, professions de santé, agents immobiliers) ou vivement recommandée pour les autres : elle te couvre en cas de dommage causé à un client dans le cadre de ton activité.

L’ACRE, l’exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité, n’est pas automatique pour les micro-entrepreneurs : elle se demande, et elle est réservée à des profils précis : demandeurs d’emploi indemnisés ou non, bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, jeunes de moins de 26 ans, personnes en situation de handicap, créateurs en zone QPV ou ZFRR. Et l’année 2026 l’a sérieusement rabotée : pour les micro-entreprises créées à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, le taux d’exonération passe de 50 % à 25 %.

Si tu penses être éligible, la demande se fait auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant ton début d’activité : ne traîne pas, le délai est strict. On détaille les conditions et le calcul dans notre article dédié ACRE 2026 : l’exonération que trop d’indépendants ratent →

9.Connaître tes plafonds et tes obligations de facturation

Ton chiffre d’affaires 2026 ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, ou 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales (plafonds revalorisés pour 2026-2028).

Tant que tu restes sous 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services), tu factures en franchise de TVA (mention obligatoire sur chaque facture). Si tu dépasses ce seuil de base, tu continues hors taxes jusqu’au 31 décembre, puis tu factures la TVA à partir du 1ᵉʳ janvier suivant. Et si tu dépasses le seuil majoré (93 500 € / 41 250 €), la TVA s’applique dès le jour du dépassement. Les deux mécanismes sont détaillés dans notre guide des plafonds et seuils.

Autre échéance à connaître : à partir du 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises en franchise de TVA, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L’obligation d’en émettre suivra en septembre 2027 pour les micro-entreprises.

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10.Les questions qu’on nous pose

Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?+
Rien : la déclaration sur le guichet unique de l’INPI est gratuite pour un micro-entrepreneur. Seuls les agents commerciaux paient des frais d’immatriculation au RSAC (23,21 € en 2026).
Je suis salarié ou étudiant, je peux quand même créer ma micro-entreprise ?+
Oui, le cumul est possible dans les deux cas. Si tu es salarié, vérifie simplement ta clause de non-concurrence ou d’exclusivité si ton contrat en comporte une. Si tu es demandeur d’emploi, le cumul avec l’ARE est possible sous conditions : contacte France Travail avant de déclarer ton début d’activité.
Dois-je payer des cotisations si je n’ai pas de chiffre d’affaires ?+
Non : le principe du régime micro, c’est que tes cotisations sont calculées uniquement sur le chiffre d’affaires réellement encaissé. Zéro CA, zéro cotisation. Tu dois quand même déclarer un CA à 0 € à chaque échéance, mensuelle ou trimestrielle, sous peine de pénalité.
Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?+
Aucune depuis 2016 : ce sont exactement le même statut juridique et fiscal. « Auto-entrepreneur » est resté le nom d’usage, « micro-entreprise » est le nom officiel du régime.
Je peux fermer ma micro-entreprise si ça ne fonctionne pas ?+
Oui, à tout moment et gratuitement, sur le même guichet unique. La cessation d’activité prend effet à la date que tu indiques. Il reste une dernière déclaration de chiffre d’affaires à faire : dans les 30 jours si tu déclares chaque mois, ou dans le mois qui suit le trimestre civil de la fermeture si tu déclares chaque trimestre.
Comment ce guide est-il financé ?+
Par des liens partenaires présents sur nos pages de comparatifs (compte pro, logiciel de facturation) : si tu t’abonnes en passant par eux, on touche une commission, sans surcoût pour toi. Cette page-ci est un guide procédural, elle ne contient aucun lien sponsorisé. Détail dans notre politique d’affiliation.

11.À lire ensuite

Sources & méthodologie · page publiée le 15 juillet 2026, re-vérifiée à la source le 20 juillet 2026 :
Information générale : ce guide décrit la procédure et les règles en vigueur au 20 juillet 2026, il ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou comptable personnalisé pour ta situation. En cas de doute, rapproche-toi d’un expert-comptable ou de ton URSSAF.