Créer sa micro-entreprise en 2026 : le guide complet, étape par étape
De l’idée au premier SIRET : les 9 étapes réelles pour créer ta micro-entreprise en 2026, sans jargon et sans rien oublier en route. Ce guide s’adresse à toi si tu veux te lancer en solo, quel que soit ton métier.
- Une pièce d’identité en cours de validité
- Un justificatif de domicile de moins de 3 mois
- Une adresse email valide (le guichet unique t’en demande une)
- Une description précise de ton activité
- Si ton métier l’exige : un justificatif de qualification ou un diplôme
- Environ 15 à 20 minutes devant toi, sans interruption
1.Vérifier ton éligibilité au régime micro
Le régime micro-entrepreneur est ouvert à la quasi-totalité des activités commerciales, artisanales et libérales, à condition de rester sous les plafonds de chiffre d’affaires (on y revient à l’étape 9). Deux familles d’activités en sont exclues.
Les activités agricoles rattachées à la MSA
Éleveurs, maraîchers, pisciculteurs, travaux forestiers, hébergement à la ferme : ces activités relèvent de la Mutualité sociale agricole, pas du régime micro. L’exclusion s’étend au prolongement direct de la production (vente de miel pour l’apiculteur, de confitures pour le maraîcher).
Les professions relevant d’une autre caisse que la CIPAV ou la SSI
Professions juridiques et judiciaires (avocat, notaire, commissaire de justice, administrateur judiciaire), professions de santé réglementées (médecin, infirmier, vétérinaire, dentiste, pharmacien, sage-femme), expert-comptable, commissaire aux comptes, agent général d’assurances : ces métiers passent par une société ou un ordre professionnel dédié, pas par la micro-entreprise.
2.Choisir ton activité et anticiper ton code APE
Décris ton activité le plus précisément possible dans le formulaire du guichet unique : c’est cette description, et non le nom que tu donnes à ton entreprise, qui détermine ta catégorie fiscale (vente de marchandises, prestations de services BIC, ou activité libérale BNC) et donc ton taux de cotisation et ton plafond de chiffre d’affaires. L’INSEE t’attribue ensuite un code APE à titre indicatif : il n’a pas de valeur juridique et ne t’enferme dans rien, mais une description trop vague retarde parfois l’instruction du dossier.
3.Réunir tes pièces justificatives
Prépare ces documents au format PDF ou image lisible avant de commencer la déclaration en ligne, tu évites ainsi les allers-retours :
- Pièce d’identité en cours de validité (CNI, passeport)
- Justificatif de domicile de moins de 3 mois
- Déclaration sur l’honneur de non-condamnation, à cocher en ligne, aucun document à part
- Selon ton activité : justificatif de qualification professionnelle, diplôme ou autorisation préalable (bâtiment, coiffure à domicile, activités réglementées)
4.Faire ta déclaration sur le guichet unique
Depuis 2023, une seule plateforme officielle centralise toutes les formalités de création d’entreprise en France : le guichet unique des formalités d’entreprises, opéré par l’INPI (procedures.inpi.fr, aussi accessible depuis formalites.entreprises.gouv.fr). La déclaration se fait en 5 étapes en ligne : créer un compte, choisir « entrepreneur individuel » puis cocher l’option micro-entrepreneur, renseigner ton identité et ton activité, déposer tes pièces justificatives, valider. La démarche est entièrement gratuite pour un micro-entrepreneur (seuls les agents commerciaux paient des frais d’immatriculation au RSAC).
5.Recevoir ton SIRET et démarrer
Une fois ton dossier validé, compte en général 1 à 2 semaines pour un dossier standard, et jusqu’à 4 semaines si ton activité est réglementée ou si le guichet est chargé. Tu reçois d’abord un email de confirmation, puis ton certificat d’inscription avec ton numéro SIRET. Tu peux légalement commencer à facturer dès la date de début d’activité que tu as choisie à la déclaration : pas besoin d’attendre la réception du SIRET par courrier, seulement sa confirmation.
6.Ouvrir ton compte bancaire dédié
Contrairement à une idée reçue, un compte bancaire « professionnel » n’est pas obligatoire dès le premier euro. La loi PACTE (22 mai 2019) impose un compte dédié à l’activité seulement si ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Un simple compte courant suffit, à condition qu’il ne mélange pas tes dépenses perso, et qu’il porte la mention « entrepreneur individuel » ou « EI » depuis la réforme du statut de 2022.
7.Choisir ton régime fiscal
Par défaut, tes revenus sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu après abattement forfaitaire (régime micro-fiscal classique). Tu peux opter pour le versement fiscal libératoire : tu payes alors ton impôt en même temps que tes cotisations URSSAF, à un taux fixe appliqué sur ton chiffre d’affaires : 1 % pour la vente ou l’hébergement, 1,7 % pour les prestations de services (BIC), 2,2 % pour les activités libérales (BNC).
Cette option n’est ouverte que si le revenu fiscal de référence de ton foyer (année N-2) ne dépasse pas 29 315 € par part, majoré de 50 % par demi-part supplémentaire. Elle se demande auprès de l’URSSAF, dans les 3 mois suivant la création pour un effet immédiat, ou avant le 30 septembre pour une application l’année suivante.
8.Assurance et ACRE : ce qui a changé en 2026
Selon ton métier, une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est obligatoire (bâtiment, professions de santé, agents immobiliers) ou vivement recommandée pour les autres : elle te couvre en cas de dommage causé à un client dans le cadre de ton activité.
L’ACRE, l’exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité, n’est pas automatique pour les micro-entrepreneurs : elle se demande, et elle est réservée à des profils précis : demandeurs d’emploi indemnisés ou non, bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, jeunes de moins de 26 ans, personnes en situation de handicap, créateurs en zone QPV ou ZFRR. Et l’année 2026 l’a sérieusement rabotée : pour les micro-entreprises créées à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, le taux d’exonération passe de 50 % à 25 %.
9.Connaître tes plafonds et tes obligations de facturation
Ton chiffre d’affaires 2026 ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, ou 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales (plafonds revalorisés pour 2026-2028).
Tant que tu restes sous 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services), tu factures en franchise de TVA (mention obligatoire sur chaque facture). Si tu dépasses ce seuil de base, tu continues hors taxes jusqu’au 31 décembre, puis tu factures la TVA à partir du 1ᵉʳ janvier suivant. Et si tu dépasses le seuil majoré (93 500 € / 41 250 €), la TVA s’applique dès le jour du dépassement. Les deux mécanismes sont détaillés dans notre guide des plafonds et seuils.
Autre échéance à connaître : à partir du 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises en franchise de TVA, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L’obligation d’en émettre suivra en septembre 2027 pour les micro-entreprises.
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10.Les questions qu’on nous pose
Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?+
Je suis salarié ou étudiant, je peux quand même créer ma micro-entreprise ?+
Dois-je payer des cotisations si je n’ai pas de chiffre d’affaires ?+
Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?+
Je peux fermer ma micro-entreprise si ça ne fonctionne pas ?+
Comment ce guide est-il financé ?+
11.À lire ensuite
- Démarche de création et guichet unique : inpi.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Activités exclues du régime micro : bpifrance-creation.fr.
- Compte bancaire dédié (loi PACTE) : entreprises.gouv.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Versement fiscal libératoire : economie.gouv.fr · impots.gouv.fr.
- Réforme de l’ACRE 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Franchise en base de TVA, seuils 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Plafonds micro-entreprise 2026-2028 et cotisations sociales : economie.gouv.fr (repère A18813, service-public.gouv.fr).
- Calendrier de la facturation électronique : economie.gouv.fr.
- Coûts de création et immatriculation RSAC des agents commerciaux : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Cessation d’activité et dernière déclaration : autoentrepreneur.urssaf.fr.